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PMA : et toi, comment vis-tu notre parcours ?

« Nous voulons cet enfant tous les deux. Pourtant, j’ai parfois l’impression que nous ne vivons pas le même parcours. »

 

Vous êtes entrés ensemble dans ce parcours PMA.

Il y a un désir d’enfant commun, des rendez-vous inscrits dans le même calendrier, des résultats attendus à deux et probablement des décisions prises ensemble.

Et pourtant, au fil des mois, tu peux avoir l’impression que vous ne vivez pas toujours la même chose.

Parce qu’un parcours PMA se partage, mais ne se ressent pas forcément de la même façon.

Et si, au milieu de toutes les questions médicales, il en restait une que vous ne vous étiez jamais vraiment posée ?

Et toi, comment vis-tu notre parcours ?

 

Le même parcours, mais pas au même endroit

Lorsque l’un des deux corps est davantage sollicité par la PMA, une différence s’installe nécessairement.

L’un vit les traitements, les examens, les prises de sang, les changements physiques ou les actes médicaux.

L’autre regarde, accompagne, attend.

Il peut être présent à chaque rendez-vous et connaître parfaitement le protocole. Il peut partager l’espoir et la déception.

Mais il ne peut pas prendre la place de l’autre.

Et cette place peut parfois être difficile à trouver.

Comment aider lorsque l’on ne peut pas soulager ?

Que dire lorsque l’on voit la personne que l’on aime fatiguée ou déçue ?

Comment être là sans toujours savoir quoi faire ?

Parfois, il n’y a simplement rien à réparer.

Et cela peut être difficile à accepter.

 

Vous n’êtes pas toujours tristes au même moment

Après une mauvaise nouvelle, tu peux avoir envie d’en parler immédiatement.

Ton conjoint ou ta conjointe peut avoir besoin de silence.

Ou l’inverse.

L’un peut vouloir penser rapidement à la prochaine étape pendant que l’autre n’est pas encore prêt à envisager la suite.

L’un peut continuer à espérer très fort tandis que l’autre préfère se protéger.

Ces différences peuvent parfois être difficiles à comprendre.

Pourquoi n’est-il pas aussi bouleversé que moi ?

Pourquoi veut-elle déjà parler de la suite ?

Pourquoi ne me dit-il rien ?

Pourquoi a-t-elle besoin d’en parler encore ?

Vous traversez pourtant le même événement.

Simplement, chacun le traverse avec son histoire, sa sensibilité et sa manière de faire face.

 

Quand le conjoint garde aussi certaines choses pour lui

Il peut également arriver que le conjoint ou la conjointe n’ose pas toujours dire ce qu’il ou elle ressent.

Parce que l’autre subit les traitements.

Parce que son corps est davantage sollicité.

Parce qu’elle semble déjà suffisamment fatiguée.

Alors certaines pensées restent de côté.

Moi aussi, j’ai peur.

Moi aussi, je suis déçu.

Moi aussi, je me demande combien de temps nous allons pouvoir continuer.

Moi aussi, parfois, je suis épuisé.

Se taire peut alors sembler être une manière de protéger l’autre.

Mais à force de vouloir préserver la personne que l’on aime, chacun peut finir par vivre une partie de son parcours de son côté.

 

Et votre couple, où est-il passé ?

La PMA sait prendre de la place.

Les conversations peuvent rapidement se remplir de dates, de résultats, de traitements, de rendez-vous et de prochaines étapes.

Même les moments à deux peuvent finir par tourner autour du parcours.

Alors, parfois, une autre question mérite d’être posée :

De quoi parlions-nous avant de parler autant de PMA ?

Il ne s’agit pas de faire comme si le parcours n’existait pas.

Mais peut-être de retrouver, de temps en temps, les deux personnes qui étaient là avant lui.

Un dîner où vous décidez de ne pas parler du prochain rendez-vous.

Une promenade.

Un film.

Un projet qui n’a rien à voir avec un enfant.

Un fou rire qui arrive au milieu d’une période compliquée.

La PMA fait partie de votre histoire.

Elle n’est pas toute votre histoire.

 

Et si vous ne gardiez pas les mêmes souvenirs ?

Quelques mois ou quelques années plus tard, vous pourriez reparler d’un moment précis de votre parcours.

Et découvrir que vous ne l’avez pas du tout vécu de la même manière.

Tu te souviens peut-être surtout de ta peur avant un rendez-vous.

Ton conjoint se souvient peut-être de ton silence dans la voiture en rentrant.

Tu pensais peut-être qu’il était distant.

Lui cherchait peut-être simplement les mots.

Elle semblait peut-être très forte.

Alors qu’elle avait peur de craquer si elle commençait à parler.

Deux personnes peuvent vivre exactement le même moment et en garder deux histoires différentes.

Aucune n’est plus vraie que l’autre.

Elles racontent simplement deux façons d’avoir traversé le même chemin.

 

Et si vous vous posiez enfin la question ?

Vous pourriez prendre chacun une feuille.

Pas pour écrire quelque chose de beau.

Pas pour chercher les bonnes réponses.

Simplement pour répondre, chacun de votre côté, à quelques questions.

Quel a été le moment le plus difficile pour toi depuis le début de notre parcours ?

À quel moment t’es-tu senti le plus seul ou la plus seule ?

Qu’aurais-tu aimé que je comprenne sans avoir besoin de me l’expliquer ?

De quoi avais-tu besoin à ce moment-là ?

Quel moment heureux ou léger gardes-tu malgré tout de cette période ?

Qu’est-ce que tu n’as jamais réussi à me dire sur ce parcours ?

Et peut-être une dernière :

Qu’est-ce que cette épreuve t’a appris sur nous ?

Vous pourrez ensuite choisir de lire vos réponses ensemble.

Ou pas.

Parfois, le simple fait de les écrire permet déjà de comprendre quelque chose.

 

Deux voix pour raconter une même histoire

Un parcours PMA laisse des souvenirs.

Certains sont communs.

D’autres appartiennent davantage à l’un ou à l’autre.

Et peut-être qu’un jour, lorsque vous regarderez cette période derrière vous, vous aurez envie d’en garder une trace.

Pas seulement celle des rendez-vous et des étapes médicales.

Mais celle de ce que chacun a vécu.

Ce que tu pensais lorsque tu ne disais rien.

Ce que l’autre ressentait lorsqu’il essayait de te rassurer.

Les moments où vous étiez parfaitement ensemble.

Et ceux où vous aviez l’impression de ne plus vraiment vous comprendre.

Raconter cette histoire à deux, ce n’est pas chercher à savoir lequel se souvient le mieux.

C’est accepter qu’une même histoire puisse avoir deux voix.

Et peut-être découvrir, au détour d’une phrase :

« Je ne savais pas que tu l’avais vécu comme ça. »

 

Chaque parcours, qu'il soit douloureux, chaotique ou traversé d’espoir, dessine une femme vivante et puissante.

Et cette femme-là mérite que son histoire soit portée par les mots.

Si vous sentez que le moment est venu de poser vos mots, je suis là pour vous accompagner.

Parlons-en

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