PMA, ces phrases que l'on ne veut plus jamais entendre
Ces phrases que l’on n’oublie jamais
“Arrête d’y penser, ça viendra tout seul.”
Je suis presque certaine que tu ne seras pas la seule à avoir entendu cette phrase pendant ton parcours PMA.
Elle arrive souvent avec de bonnes intentions. Pour rassurer. Pour encourager. Pour remplir un silence que les autres ne savent pas toujours habiter.
Mais quand le désir d’enfant prend toute la place, quand les examens s’enchaînent, quand les traitements rythment le quotidien et que l’attente devient épuisante, certaines phrases laissent des traces bien plus profondes qu’on ne l’imagine.
Et il y en a tant d’autres.
“Vous avez pensé à adopter ?”
“Tu stresses trop.”
“Pars en vacances.”
“Vous avez déjà un enfant, c’est bien.”
“Vous êtes encore jeunes.”
“Il faut lâcher prise.”
“La PMA, c’est contre nature.”
Des phrases entendues dans les familles, chez des amis, parfois même dans le milieu médical ou sur les réseaux sociaux.
Des phrases qui restent longtemps après la conversation.
Les phrases qui minimisent la douleur du parcours PMA
Certaines phrases cherchent à rassurer. Pourtant, elles finissent parfois par minimiser ce que les femmes et les couples traversent réellement.
“Ce n’est pas grave.”
“Vous avez encore le temps.”
“Vous reprendrez un chien.”
“Vous avez déjà un enfant.”
Comme si le désir d’enfant pouvait se comparer. Comme si une souffrance devait être “suffisamment grave” pour avoir le droit d’exister.
Le parcours PMA confronte souvent à une douleur silencieuse. Une douleur difficile à expliquer parce qu’elle touche à l’intime, au corps, au couple, au projet de vie.
Et lorsqu’elle est minimisée, le sentiment de solitude devient encore plus grand.
Quand les femmes finissent par porter la responsabilité
Dans beaucoup de parcours PMA, les femmes portent déjà énormément.
Les traitements. Les rendez-vous. Les injections. Les montagnes russes émotionnelles. La charge mentale aussi.
Alors certaines phrases viennent ajouter un poids supplémentaire.
“Tu stresses trop.”
“Tout ça est dans la tête.”
“Il faudrait perdre du poids avant.”
“Tu y penses trop.”
Comme si le corps résistait volontairement. Comme si l’échec devait forcément avoir une responsable.
À force d’entendre ces remarques, beaucoup de femmes finissent par se demander ce qu’elles font mal. Ce qu’elles devraient changer. Corriger. Contrôler davantage.
Comme si elles n’en faisaient pas déjà assez.
Les phrases dites pour plaisanter
Et puis il y a l’humour.
Celui qui met mal à l’aise mais que tout le monde fait semblant de trouver léger.
“Vous avez perdu le mode d’emploi ?”
“Tu veux que je te montre comment faire ?”
“Tu veux les spermatozoïdes de mon mec ?”
Certaines personnes plaisantent parce qu’elles sont gênées. Parce qu’elles ne savent pas quoi dire face à la douleur des autres.
Mais lorsqu’un couple traverse des mois d’attente, d’examens et parfois d’échecs, ces phrases peuvent devenir profondément violentes.
Pas forcément sur le moment.
Souvent après.
Dans la voiture du retour. Dans le silence d’une soirée. Au milieu d’une nuit où le sommeil ne vient pas.
Le silence après les mots
Beaucoup de femmes racontent la même chose.
Elles ont souri.
Fait semblant de ne pas être blessées. Changé de sujet. Continué la conversation normalement.
Et puis elles sont rentrées chez elles avec cette phrase coincée quelque part à l’intérieur.
Parce que le parcours PMA fragilise déjà énormément.
Il rend parfois plus sensible aux mots des autres. Plus vulnérable aux jugements, même involontaires.
Certaines phrases s’effacent vite.
D’autres restent pendant des années.
Ce qu’elles auraient eu besoin d’entendre
Parfois, il n’y a pourtant pas besoin de trouver les mots parfaits.
Souvent, les phrases les plus simples sont celles qui soutiennent vraiment.
“Je suis là.”
“Ça doit être difficile.”
“Tu n’as pas à te justifier.”
“Je ne sais pas quoi dire, mais je t’écoute.”
“Tu n’es pas seule.”
La PMA n’a pas besoin de conseils permanents. Ni de solutions rapides.
Elle a surtout besoin d’écoute. De douceur. Et de personnes capables d’accueillir ce vécu sans chercher immédiatement à le réparer.
Reprendre ses propres mots
C’est aussi pour cela que certaines femmes ressentent le besoin d’écrire leur histoire.
Parce qu’à force d’entendre les mots des autres — les conseils, les jugements, les maladresses — il devient parfois essentiel de retrouver sa propre voix.
Poser enfin ses mots à soi.
Raconter ce parcours autrement qu’à travers des phrases qui ont blessé.
Mon rôle de biographe, c’est aussi d’offrir cet espace-là. Un endroit où l’histoire peut être racontée avec justesse, sensibilité et humanité.
Sans minimiser. Sans expliquer à la place. Sans juger.
Juste en laissant enfin toute sa place à la femme qui a traversé ce parcours.
Et si tu ressens le besoin de poser cette histoire quelque part, je suis là pour t’accompagner.
Chaque parcours, qu'il soit douloureux, chaotique ou traversé d’espoir, dessine une femme vivante et puissante.
Et cette femme-là mérite que son histoire soit portée par les mots.
Si vous sentez que le moment est venu de poser vos mots, je suis là pour vous accompagner.
